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Synthèse du « Débat Public » organisé par le Forum IZORANE n’AGADIR

Synthèse du « Débat Public » organisé par le Forum IZORANE n’AGADIR le vendredi 18 Avril 2014 à 18h30 au siège de la CCIS -Agadir en présence d’un public invité, de quelques acteurs de la société civile, de militants de partis, de représentants de médias, des institutionnels concernés par la thématique de ce débat et des intervenants dans cette rencontre qui sont :

  • M Brahim HAFIDI, président du conseil RSMD.
  • M Lahoucine ACHENGLI, député-conseiller d’Agadir.
  • M Abdellatif OUAMMOU, député-conseiller de Tiznit.
  • M Ahmed ADERRAK, député de Inezgane-AitMelloul.
  • Mme Saadia EL.BAHI, députée d’Agadir.
  • M Tariq KABBAGE, député- Maire d’Agadir.
  • M Anouar EL.HARRAQ, directeur régional de l’A.N.Ports.
  • M Abdeslam OUDAD, président de corps des architectes-Sud.
  • M Abdelillah LASLAMI, directeur de l’agence urbaine Taroudante-Tiznit.
  • M LAZREQ, de l’agence urbaine d’Agadir.

A 18h30, le modulateur de cette rencontre, M BAJALAT (président de Forum IZORANE) entame la soirée par une demande à l’assistance de se lever pour lecture de la Fatiha en hommage aux chouhadas de Février 1960 et à la perte récente du défunt Abdelaziz CHAMKH, puis une brève allocution au nom du bureau Forum IZORANE comme CADRAGE de ce débat sur : « Le port d’Agadir : Atouts, contraintes et quelles perspectives ? ».

Dans ce cadrage, le président insiste sur une approche concertée de TOUS les intervenants pour optimiser le développement du secteur portuaire d’Agadir afin que ce pole puisse jouer pleinement son rôle stratégique sur l’échiquier national.

Pour le Forum IZORANE, ce « Débat public » doit constituer un cadre prospectif de toutes les problématiques du Port d’Agadir, dans le but d’assurer le lancement d’une dynamique collective et cohérente entre les décideurs locaux pour mieux défendre les intérêts vitaux de la région en un développement harmonieux et durable.

Aussitôt, une diaporama documentaire (réalisée par la commission Communication IZORANE) retraçant les péripéties de l’évolution du port d’Agadir à travers quelques images symboliques depuis le début du XX siècle jusqu’à nos jours.

La parole fut donnée à M HAFIDI, qui se félicite de cette opportunité offerte par IZORANE pour rappeler la lourde tache de relever les enjeux de développement de la RégionSMD, déclinés dans la stratégie du conseil RSMD et les démarches entreprises récemment par les élus en créant un « comité de coordination » dont l’objectif est de mobiliser et de canaliser les actions de tous les parlementaires vers des dossiers prioritaires dont le premier a été celui de la pêche dite « poissons de transit »…

Il a rappelé que le CRSMD s’est engagé dans la politique volontariste de doter la région d’une Agropole et d’une haliopolis comme grands équipements structurants dépendants de la mise à niveau en cours de l’actuel port d’Agadir, et aussi de s’inscrire dans le futur, en dotant ce port de véritables leviers économiques.

Et il réaffirma en sa qualité de Leader de ce «comité de coordination » qu’il sera à la disposition de ses partenaires élus pour arriver à une VISIBILITE à long terme pour cet important port et de constituer un lobbying auprès des décideurs gouvernementaux.


Vint ensuite, l’exposé de M ElHARRAQ (en power point) en tant que représentant du ministère de tutelle. Un exposé articulé en 3 axes dont :

  1. Un état des lieux du trafic portuaire actuel ne dépassant pas 4 millions de T dont 38./. des exportations en vrac…et une diminution des flux des croisières depuis 2010.
  2. Une déclinaison des projets en cours (construction ou prolongement de quais, amélioration de l’accostage, édification d’une nouvelle capitainerie, un terminal…) qui visent à l’amélioration des prestations de services portuaires du port d’Agadir à cause des saturations
  3. Le plan de développement portuaire du complexe Souss-Tensift (4 Milliards DH) dans le cadre de la stratégie nationale 2030 ou le port d’Agadir aura une mission multifonctionnelle déclinée à l’assistance par des explications par le biais d’un schéma proposé par le M.E.T.

L’exposé suscita des réactions dans l’assistance, dont celle de M Haj Lahoucine ACHENGLI, qui s’est arrêté d’abord sur la pertinence de cette dénomination « IZORANE » pour enchaîner sur un rappel d’une « méthode de travail collectif efficace » des parlementaires, pour avoir réalisé dans le passé des projets structuraux dont les ports de Tarfaya, Sidi-Ifni, les 2 barrages Abdelmoumen et My Abdallah, l’aeroport alMassira et l’autoroute Agadir-Marrakech.

Il insista donc que cette démarche s’est avérée performante et qu’il est impératif pour l’avenir de nos enfants de la reproduire aujourd’hui pour d’autres projets structuraux, dont celui du port d’Agadir qui doit être un levier puissant de l’économie régionale, et non pas un cimetière de ferrailles (bateaux de la pêche hauturière au Q-9).

Puis il ajouta qu’il faudrait repenser les espaces du versant d’Agadir O’fella à partir du site de l’ancien Founty par rapport au reste de la ville.

M OUAMMOU prendra la relève de cette insatisfaction vis-à-vis du projet gouvernemental en restituant le contexte politique de cette stratégie portuaire2030 en affirmant que le gouvernement actuel est disposé à « écouter la voix des élus » selon les nouvelles dispositions de la Constitution2011 qui donne aux parlementaires une plus large initiative «de force de propositions ».

Il réaffirma que le port d’Agadir est stratégique sur la façade Atlantique et doit jouer le rôle d’intermédiation plus croissante entre L’Europe et l’Afrique subsaharienne, c’est pour cela dit-il «…nous réfutons la « copie du M.E.T », son projet ne répond pas à nos aspirations :
La prolongation de certaines jetées ou rénovations d’infrastructures ne répondent pas à nos attentes de réaliser un POLE portuaire capable de répondre aux énormes défis du développement d’une vaste région et à la veille d’une Régionalisation avancée ».

Pour lui, « le port d’Agadir doit rester multifonctionnel certes, mais impérativement nous devons se mettre d’accord sur les missions de ce futur complexe portuaire et de trancher collectivement, Nous les élus locaux et régionaux, sur des problématiques suspendues comme celles de :

  • Dysfonctionnement urbain (Agadir – le port )
  • De Anza à l’embouchure de Oued Souss, quels aménagements – intégration ?
  • Problème de quai militaire.
  • Préservation des milieux environnementaux et marins limitrophes de ce littoral.
  • Dégradation sociale des employés du port et de la pêche.
  • Quels secteurs économiques à développer au vu des fluctuations mondiales ?
  • Insertion de l’ancien port dans le tissu urbain de la ville.
  • Réflexion sur la bipolarité Agadir O’Fella et son port.


Quant à M ADERRAQ, tout en remerciant le Forum IZORANE pour cette originale initiative émanant du tissu de la société civile, il rappela que le SDAU en cours d’étude doit s’imprégner des propositions et questions soulevées par l’assistance et que les secteurs de pêche et de tourisme doivent demeurer des secteurs prioritaires dans nos préoccupations.

Il réitéra « la disponibilité de ses frères parlementaires à œuvrer dans la consolidation de la synergie lancée par M le président du CRMSD pour activer les dossiers prioritaires dans une démarche participative au sein de ce « comité de coordination » récemment crée. »

Mme ElBahi dans sa brève intervention observa d’abord, qu’il faut traiter ces problématiques avec la rigueur scientifique et l’objectivité nécessaires avant de poser la question :
« Quel tourisme nous voulons pour cette ville au vu de ce qui a été formulé dans un document en circulation ? » Elle s’est interrogée sur la mission du port d’Agadir ? en demandant à l’assistance d’estimer le nombre d’actifs au Port, avant de clore sur le rappel du droit à l’écologie et à une répartition juste des richesses du port.

Ensuite, la parole fut donnée aux techniciens de l’urbanisme à travers le président de l’Ordre des architectes, M OUDAD, qui d’emblée, s’est posé la question suivante :
« Comment une ville comme Agadir qui a bien démarré son urbanisation en 1960, a pu déraper ultérieurement ? Tout en rappelant les 3 phases d’urbanisation d’Agadir :

  • phase de la Reconstruction avec un seul promoteur, le HCRA (1960 – 1973) suite à une volonté Royale
  • phase de l’extension avec la multiplication des intervenants ( Municipalité, ministère de l’habitat, L’Erac et CGI ( 1977 – 2014)
  • phase des mégaprojets (en réflexion ou en cours d’exécution) dont celui du futur port puis d’enchaîner sur une autre interrogation:
    Comment le SDAU en cours d’élaboration a t-il négligé la question du littoral qui s’étend de Aghrod à Tifnite ?

Il estime que ces 2 grandes problématiques doivent être prioritaires à clarifier dans toute démarche d’aménagement des espaces de ce Grand-Agadir, qu’ils soient en friche ou en projet de rénovation urbaine, et il a fini son intervention « …en émettant des réserves sur l’approche du M.E.T qui opère des aménagements ponctuels au Port d’Agadir sans une visibilité d’aménagement global, y compris celle de la liaison Agadir et son port ».

Quand M Kabbale rejoignit les dernières séquences de ce « débat public » , il eu droit à son intervention qui s’est articulée autour de :

  • Craintes à propos d’un document signé par des élus de la région qui est qu’un «projet immobilier ».
  • Le document en question est la preuve de non respect des prérogatives du conseil municipal d’Agadir d’une part, du patrimoine de la ville d’autre part ,car ce port fait partie des «monuments historiques ».
  • Selon la Loi des collectivités territoriales, leurs conseils sont de véritables démocraties locales à respecter.
  • Le conseil communal d’Agadir a élaboré un PCD ou il respecte la trilogie sectorielle du développement : agriculture, pêche et tourisme, et c’est ainsi que il y a opté pour un pôle de tourisme de croisière dans la partie sud-ouest du port afin de permettre une intersection Port-ville.
  • Il faut déplacer les usines d’Anza vers le complexe Haliopolis et Agropole et d’envisager un aménagement touristique des espaces s’étendant de Aourir à Oued Souss.
  • Les projets Taghazoute et la Marina sont des projets immobiliers au profit d’entreprises qui ne sont même pas d’Agadir.


M LASLAMI, directeur actuel de l’AU de Taroudante-Tiznit (un pionnier de l’A.U d’Agadir depuis sa création, donc familier des problématiques urbaines du Gd-Agadir ) a proposé comme préambule à ce débat sur le plan méthodologique de définir avant tout la VOCATION du Grd-Agadir comme important pôle urbain très dynamique sur le plan national au vu des taux enregistrés lors du dernier recensement général de la population, et le Port d’Agadir est du ressort de la planification nationale : C’est sur décision au niveau de Rabat que le port a été ouvert à la flotte de la grande pêche …

Quant à ce pôle Souss-Tensift, il pose déjà un problème de territorialisation au vu du découpage du projet de «la Régionalisation élargie » et ses retombées économico-spatiales.

Par contre sur le plan local, il martela avec un ton persuasif : « nous avons à trancher sur la vocation d’Agadir : la maintenir en station balnéaire ou en faire une ville touristique. Ce sont des choix à entériner par l’ensemble des décideurs locaux ».

Et d’ajouter : « …ceci est lié à cette épineuse question de part le Monde : comment intégrer la ville à son Port ? car l’exposé du représentant de l’ANP pose avec acquitté ce problème majeur de connexion entre le port et son environnement urbain ».

Puis, il souleva des questions en suspens depuis qu’il était responsable à l’A.U.Agadir qui sont encore à l’ordre du jour comme :

  • Le sort des réservoirs et des dépôts d’hydrocarbures qui étaient destinés à être transférés plus au Nord de la ville aux environs du cap Ghir ( un projet de complexe énergétique : station thermale + réservoirs) régi par l’ONE
  • Le transfert du port militaire.

Il nota que « le projet de Taghazoute va poser assurément à moyen terme le problème du déplacement de la main d’oeuvre y travaillant ou de bâtir une cité-dortoir », et il mentionna dans son allocution le problème du cabotage « improbable » à la Marina vu les grandes distances entre les ports sur l’Atlantique.

Enfin, M LASLAMI acheva son intervention par une information qui a fait monter davantage le suspens autour de ce port et ses problèmes en déclarant : «savez vous que le site d’Agadir figure parmi ceux menacés d’un tsunami, annoncé récemment par une étude très sérieuse au USA ? ».


M LAZREQ de l’Agance U.Agadir, quant à lui, a soulevé de nouveau la question des fonctions d’Agadir en tant qu’ agglomération urbaine en insistant sur l’impératif de « remembrement urbain », c’est-à-dire comment relier les diverses localités de ce futur Grd-Agadir en assurant une connectivité fluide entre les multiples entités de ce vaste périmètre ?

Et d’ajouter une autre grande problématique à ce débat en concluant par l’interrogation sur la Centralité urbaine de cette métropole régionale.


M BAJALAT remercia les intervenants pour la haute qualité de leurs contributions en déclarant ouvrir le débat à l’assistance, mais en respectant scrupuleusement 3 minutes pour clore ce « débat public » dans le timing prévu.

Mrs Belhaj (Architecte chargé de mission au cabinet du directeur de l’A.U.A,Boukhari, Ait-Idder et Outhayounte qui ont soulevé des questions suivantes dont les principales sont autour de :

  • L’aménagement du port comme opportunité de diversifier les centres d’animation urbaine.
  • La prise en compte par le SDAU de cette adéquation Agadir – port.
  • La sauvegarde du port de pêche comme patrimoine de la « mémoire collective de la ville ».
  • Le devoir de respect des lois dont la charte des collectivités locales, donc l’avis du conseil municipal d’Agadir sur un projet aussi important pour la population de la ville.
  • La prise en compte de l’apport de ce port en emplois à préserver pour le Grd-Agadir.

A la fin de cette soirée, M BAJALAT prend la parole au nom du bureau de Forum IZORANE n’AGADIR pour annoncer sa position suivante sur cette problématique:

  1. La nécessité d’introduire des correctifs sur la proposition du ministère de E.T de sa stratégie portuaire 2030 en fonction du rôle d’Agadir comme METROPOLE stratégique sur la carte d’un Maroc unifié et à la veille d’une Régionalisation avancée afin d’en faire un dynamique complexe portuaire multifonctionnel répondant aux exigences de la Mondialisation et de l’intermédiation sur la façade Atlantique vers l’Europe, l’Afrique et l’archipel des canaries, voire au-delà vers les Amériques.
  2. Ce projet du port d’Agadir doit être une opportunité pour les Députés-Conseillers de la RSMD de constituer un « soft lobbying » pour défendre le DROIT de cette région d’avoir sa quote-part de l’investissement public pour réduire les inégalités de l’aménagement du territoire national, impulser sa croissance économique en souffrance et son développement ralenti comparativement aux autres régions.
  3. Ce projet du port d’Agadir doit être un projet fédérateur de TOUTES les énergies locales pour répondre aux besoins vitaux des générations futures en production de richesses (autres que l’AT.P) et en atouts de compétitivité, tout en respectant les prérogatives des partenaires afin d’optimiser les marges de Réussite de ce méga-projet et de préserver ce qui reste à « Agadir la sinistrée » comme « Patrimoine collectif ».

Sur ce, il remercia TOUS les participants à ce Débat public promettant que son contenu sera publié afin de permettre à d’autres compétences d’y contribuer, avant de lever séance à 21h20.

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