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Témoignage d’Ahmed Boukous recteur de l’Ircam

« Je suis marqué au fer rouge »

J’avais 12 ans au moment du tremblement de terre et, comme toute une génération d’adolescents, la catastrophe m’a marqué au fer rouge. Réveillé en sursaut par la secousse, je suis sorti dans la rue en compagnie de ma famille. Situé dans le quartier in­dustriel, le moins touché par le séisme, les murs de notre maison étaient fissu­rés mais l’édifice tenait encore debout. Par contre, plusieurs habitations voisines s’étaient écroulées causant la mort de nom­breux amis d’enfance. Très vite, accompagné de mes parents, j’ai pris la direc­tion de Yachech pour avoir des nouvelles d’autres membres de la famille qui y vivaient. Nous avons marché plus d’une heure, éclairés par la lune, au milieu d’une panique gé­nérale et des cris de sur­vivants bloqués sous leurs maisons. Le lende­main, je me suis rendu à Talborjt
où, à la lumière du jour, la situation semblait encore pire que mon constat de la veille.
Par­tout, il y avait des corps boursouflés, une odeur de charogne asphyxiante et des mouches s’aggluti­nant sur les cadavres. Confronté à cette désola­tion, j’ai eu le sentiment d’assister à la fin du mon­de, il n’y avait plus de len­demain possible. Nous avons été relogés sous des tentes militaires à vingt kilomètres d’Agadir, dans une forêt inhospita­lière grouillant de ser­pents venimeux. Nous étions nourris grâce à l’ai­de internationale. J’y suis resté au moins deux ans avant de déménager dans la cité industrielle, la pre­mière construction du nouvel Agadir où ont été relogés les habitants ».

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